Histoire de Saint Aubin les Forges

Avant la Révolution la paroisse de St Aubin s'est d'abord nommée  Frasnay les Chanoines.

A la révolution la paroisse devient Commune et prend le nom de St Aubin les Forges

 

Histoire de la Commune de Saint-Aubin-les-Forges

Extrait des anciennes et nouvelles Archives de la mairie de cette commune par Monsieur NAMY, instituteur le 25 avril 1887.

Recopié par François POULIN le 17 février 1888.

 

Manuscrit détenu par Alfred DOISNEAU.

 

Dactylographié en 1979 d’après un exemplaire dactylographié sur papier pelure communiqué par Mme PIEUCHOT.

(Société Académique).

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GEOGRAPHIE PHYSIQUE

 

Situation :

La commune de Saint-Aubin-les-Forges est située dans une arrière vallée de la Loire, un peu à l’ouest du premier degré de longitude est, et au nord du quatrième degré de latitude septentrionale. Elle est bornée au nord par les communes de Murlin et de Beaumont-la-Ferrière, à l’ouest par Raveau et Chaulgnes, au sud par Parigny-les-Vaux et Guérigny et à l’est par Poiseux. Ses limites sont toutes de convention sauf au sud, où le ruisseau de Baverolles la sépare de Parigny-les-Vaux et où un bras de la Nièvre marque la limite de Guérigny. Elle fait partie du département de la Nièvre, de l’arrondissement de Cosne, dont elle forme l’extrême pointe méridionale et du canton de La Charité, Saint-Aubin, son chef-lieu est à 20 km de Nevers, à 40 km de Cosne, à 10 km de La Charité, il est à 240 km de Paris, à 64 km de Bourges, point central de la France et à 310 km en ligne droite du point le plus rapproché de la frontière d’Allemagne.

 

Superficie :

 La superficie de la commune de Saint-Aubin est de 2.625 ha, soit 80.000 boisselées (ancienne mesure locale). Comparé sous ce rapport aux 14 communes du canton , elle occupe le 4ème rang. Sa forme est celle d’un trapèze isocèle irrégulier dont la grande base longerait le territoire de Poiseux et la petite celui de Raveau. Sa plus grande longueur des Roses à la Rioterie est de 7 km ½ ; sa plus grande largeur, des Brûlées aux Comtes de 6 km. Son périmètre approximatif est de 25 km, bien moindre par conséquent, que celui de la ville de Paris.

 

Description physique :

Situé dans la vallée de la Nièvre et dans la partie la moins accidentée du département, la commune de Saint-Aubin ne présente aucune élévation considérable ; le plus élevé de ses coteaux, celui qui domine le hameau de Frasnay n’atteint que 70 m au-dessus du niveau le plus inférieur de la Nièvre. Ses hauteurs qui servent de limites aux bassins de la Nièvre et de ses affluents, sont des coteaux à larges bases, sortes de plateaux, généralement boisés, en pente très douce, se reliant tous à deux massifs principaux entre lesquels coule la Nièvre. Au point de vue géologique, le sol de la commune appartient aux divers groupes du terrain jurassique ; l’argile et le calcaire s’y trouvent mélangés en proportion convenable et le sol sauf de rares exceptions est partout argilo-calcaire. Ce dernier élément domine et forme dans le sous-sol des amas considérables de pierre à bâtir. Les ammonites, les térébratules, sont les seules coquilles fossiles qu’on y rencontre et encore sont-elles assez rares. Les couches inférieures sont formées d’une colithe à gros grains impropres aux constructions. Là où le calcaire fait défaut, on y rencontre des amas de sable rouge très compacte et quelque traces d’argile réfractaire.

Le creux des vallons formé d’alluvions porte de riches prairies qui seraient meilleures encore si la nature argileuse du sol et le manque de pente permettaient un facile écoulement des eaux.

Le territoire de la commune est bien arrosé : du nord au sud coule la Nièvre, rivière importante qui donne son nom au département et qui dans son parcours à travers la commune se grossit du ruisseau de Choulot, de celui de la Doué et de celui de Baverolles.

Des sources nombreuses alimentent ces ruisseaux et sont heureusement disséminés pour les besoins de la population. Celles-ci gagnent au voisinage des grandes forêts une eau très pure et un débit très régulier.

 

Richesses minérales :

En dehors des pierres à bâtir, le sol n’offre plus aujourd’hui une seule carrière exploitée ; mais il a fourni autrefois du minerai de fer qui est bien loin d’être épuisé, de l’argile réfractaire et du sablon.

 

Productions végétales :

L’essence dominante des forêts est le charme ; puis  viennent le chêne, le hêtre, le tremble et les divers fruitiers sauvages ; dans les champs de mauvaises herbes les plus communes sont : le coquelicot, le chardon, l’arrête-bœuf, la moutarde et dans tous les terrains nouvellement défrichés, une variété de framboisiers rebelle à tous les moyens de destruction.

 

Hydrographie :

La Nièvre. Ses affluents. – Sortie des environs de Champlemy, la rivière qui donne son nom au département, entre sur le territoire de Saint-Aubin après avoir baigné ceux de Champlemy, Châteauneuf-Val-de-Bargis, Dompierre, Le Celle-sur-Nièvre, Beaumont-la-Ferrière. Sa largeur moyenne est de 7 ou 8 m. Sa longueur sur le territoire de Saint-Aubin est de 7,9 km et sa longueur générale de 40 km environ. Là où son cours n’a pas été rectifié, elle est capricieuse et forme de nombreux méandres ; son débit est assez uniforme ; elle n’est pas sujette à des crues fréquentes et rapides ; son cours, dont la pente  est de 0,003 par mètre, est plutôt rapide que lent, mais pas assez pour empêcher le limon que l’eau entraîne, de tomber rapidement à fond et de troubler la transparence et la limpidité de l’eau.

Le fond recouvert d’une couche épaisse de ce limon riche en humus, produit une abondante végétation de joncs et de nénuphars ; la rivière serait pour cette cause assez favorable à la multiplication du poisson si une pêche active et sans relâche n’y apportait obstacle. Actuellement, le poisson, autrefois abondant, s’y fait rare et l’écrevisse a complètement disparu.

La Nièvre arrose dans son parcours à travers la commune : le Gué de la Chaise, La Roche, Vingeux, le Bocart, Chamilly et Forgebas ; elle continue ensuite son cours sur les communes de Guérigny, Urzy, Coulanges-les-Nevers où elle se jette dans la Loire. Elle reçoit sur la commune de Saint-Aubin le ruisseau de Choulot, celui de la Douée et celui de Baverolles.

  

Le ruisseau de Choulot :

Prend sa source dans les bois de Sauvage sur la commune de Beaumont, arrose Choulot où il fait mouvoir le moulin, passe aux Roses, à la Forêt et se jette dans la Nièvre au-dessus de la Roche. 

 

La source du ruisseau de la Douée :

Est une curiosité naturelle des plus intéressantes ; située au fond d’une gorge profonde et sauvage, elle sort du sol sous un amas de roches calcaires et le volume de ses eaux est si considérable qu’il fait immédiatement tourner un moulin. Ce ruisseau arrose Forge-neuve, La Douée et se jette dans la Nièvre après 8 km de cours, au lieu-dit Les Fontaines.

  

Le ruisseau de Baverolles :

Prend sa source à la Fontaine de Valton, arrose Palissonnet et jusqu’à sa jonction avec la Nièvre est limitrophe de Parigny-les-Vaux et de Saint-Aubin.

 

Etangs-Marais :

La commune de Saint-Aubin possédait autrefois de nombreux étangs mais tous aujourd’hui sont desséchés ou livrés à la culture : le réservoir de Vingeux, d’une étendue de 80 ares est le seul qui ait été conservé, quoique amoindri par de nombreuses pièces d’eau qui servaient jadis à l’alimentation des forges répandues dans le pays. Les bords de la Nièvre sont un peu marécageux surtout en amont du réservoir de Vingeux, reste d’un vaste étang desséché dont l’emplacement a conservé le nom de Marais.

 

Climat, salubrité : 

Le climat du pays est froid à cause de la vallée de la Nièvre où les vents du nord ont plein accès ; les gelées tardives y sont fortes et fréquentes et ne permettent pas la culture de tous les arbres fruitiers ou celle de la vigne, aucun obstacle naturel ne s’opposent à l’action des vents, ceux-ci soufflent parfois avec une violence extrême, surtout dans la direction du sud-ouest au nord-est ; les pluies sont abondantes, mais le sol de la nature calcaire en éprouve peu d’inconvénients. En raison des immenses forêts qui couvrent le sol de la commune et celui des communes voisines, l’air est très pur et les maladies épidémiques font rarement leur apparition.

 

Curiosités naturelles :

Dans les bois situés à l’ouest de la commune, à 200 m du hameau de la Gagnepinerie, on remarque un récent effondrement du sol ; le terrain supérieur de nature sablonneuse repose sans doute sur une faible couche calcaire, qui, incessament rongée par des courants rapides et souterrains, a pu céder et s’affaiser çà et là sous le poids qu’elle avait à supporter. Cette opinion est d’autant plus fondée que cet effondrement est situé près de l’importante source de la Douée dont il a été parlé plus haut.

Ce ruisseau de la Douée présente un phénomène non moins remarquable le volume de ses eaux est plus considérable à sa source qu’à son confluent. Des expériences qui ont été faites ont démontré qu’une partie de ses eaux se perdaient en route et formaient des infiltrations qui viennent sortir sous la forme d’une source abondante au lieu dit Les Fontaines, près de la route de Beaumont.

 

Pierre des Elus :

 Sur la masse calcaire qui supporte le sol fait saillir en maint endroit sous forme de roche qui entravent les labours. Près du hameau du Gué de la Chaise, l'un de ces rochers abrupt et nu, à près de 10 m de haut : il a reçu le  nom de Pierre des Elus en entretient un four à chaux des débris qu'on lui arrache pour en extraire des pierres de taille. D'autres carrières ont été ouvertes pour le même objet en différents endroits, notamment aux Fontaines et à Chamilly; ces dernières d'une certaine importance appartiennent à l'Etat et sont situées sur le territoire de Poiseux.

 

Fontaine de Valton :

Sur le côté droit du chemin des Vallées à Villemaigre, au fond d’une excavation que des éboulements fréquents ne tarderont pas à combler apparaît un courant souterrain qui va sortir 200 m plus loin et former la source du ruisseau de Baverolles. Ce ruisseau coule dans une sorte d’aqueduc calcaire dont les parois formées d’une marne fort dure peuvent s’élargir plus loin et donner accès dans quelque vaste caverne ; mais rien jusqu’ici n’a donné de certitude en faveur de cette conjecture.

 

 

GEOGRAPHIE AGRICOLE ET COMMERCIALE

 

Saint-Aubin autrefois l’un des principaux centres métallurgiques du département est aujourd’hui une commune presque exclusivement agricole. Mais cette source importante de la richesse nationale y est assez négligée. On a bien reconnu la nécessité des travaux à exécuter pour l’amélioration du sol, mais presque toujours les capitaux ont fait défaut et l’on s’est borné à de timides essais demeurés sans résultat. Les propriétés importantes n’ont du reste pas prêché l’exemple. Loués à des fermiers qui ne sauraient avoir en vue qu’un bénéfice immédiat, elles sont exploitées d’après le système le plus productif quant au présent, sans nul souci de l’avenir.

Après les forêts qui couvrent une étendue de 1.185 ha, c’est à dire la moitié du sol, viennent les prairies naturelles et artificielles dont la superficie totale est de 120 ha. Les terres labourables soumises à l’assolement triennal occupe une étendue de 1.350 ha et la culture annuelle compte 95 ou 100 ha en blé, 10 à 15 en seigle ou en orge, et de 125 à 150 en avoine : le reste est en légumes, en jachère et en pâturages. Les légumes cultivés sont : la pomme de terre et la betterave qui ne couvrent pas moins de 30 à 40 ha par année.

Les prairies artificielles, luzerne, trèfle, sainfoin, occupant une pareille superficie.

La céréale dont le rendement est le plus rémunérateur est l’avoine 20 hl par ha, puis viennent l’orge, 10 hl, et le blé, 12 hl.

Ces rendements assez faible sont dus en partie au manque d’instruments perfectionnés de culture, à l’insuffisance de l’amendement calcaire dans les terres argileuses et aussi à la dose trop faible d’engrais.

Le seul engrais employé est le fumier de ferme produit dans l’exploitation par la consommation des récoltes tirées du sol. En rendant ainsi chaque année au sol, sous forme de fumure, l’équivalent des principes nutritifs, que l’année précédente il a perdus à la production des récoltes, on ne peut que lui conserver ses forces productives et non l’accroître. Comme toutes les récoltes obtenues ne sont point converties en fumier, mais en partie vendues et transportées ailleurs, il en résulte peu à peu un appauvrissement qui devrait être combattu par l’emploi des engrais commerciaux ; mais les cultivateurs s’en défient car la science théorique non moins que la pratique leur font absolument défaut. Une seule culture dans la commune est conduite avec intelligence ; c’est le culture des forêts ou sylviculture. Les bois appartenant en grande partie à l’Etat, sont bien aménagés, peuplés d’essences de chêne, charme et hêtre ; le mode d’exploitation adopté est le taillis sous futaie qui se coupe à l’âge de 25 ans environ. A chaque coupe l’Administration oblige l’adjudicataire à exécuter ou à restaurer divers travaux d’aménagement ou d’assainissement qui peu à peu convertissent en bois excellents des terrains naguère improductifs.

Les arbres à fruits, pommiers, pruniers, poiriers sont peu nombreux sauf dans les hameaux de l’ouest ; les espèces rustiques donnent des fruits savoureux et d’une parfaite conservation. La rigueur du climat autant que la nature du sol n’y permettent pas la culture de le vigne.

L’industrie métallurgique autrefois florissante est aujourd’hui complètement abandonnée ; les bâtiments des forges sont actuellement occupés par les moulins ; on en compte 6 dans la commue, dont 5 sur la Nièvre et 1 sur le ruisseau de la Douée. Ces moulins auxquels la force motrice ne fait jamais défaut ne font cependant qu’un chiffre d’affaires assez restreint.

La carrière de la Pierre des Elus fournit une pierre calcaire très dense, assez estimée comme solidité, mais d’un grain grossier et difficile à polir. Le moëllon provenant du dégrossissement des blocs est immédiatement converti en chaux dans un four construit dans la carrière même. Les autres carrières ne donnent que du moëllon brut, employé seulement pour les constructions de peu d’importance.

 

Voie de communication – commerce :

 La commune de Saint-Aubin, il y a une vingtaine d’années était dépourvue à peu près de routes : des chemins dont chaque pas était une fondrière conduisaient aux localités voisines et jusqu’au chef-lieu du canton. Aujourd’hui, deux chemins de moyennes communication qui se coupent presque à angle droit dans l’intérieur même du bourg et vers lesquels convergent tout le long de leur parcours divers chemins vicinaux offrant des débouchés faciles aux principales agglomérations. Les chemins ruraux sont nombreux, mais mal entretenus ; partout des sentiers présentent des raccourcis agréables dans la saison sèche ; mais impraticables au moment des pluies ou des dégels.

Le commerce d’exportation consiste en bois et en grains ; il est assez considérable en raison de la grande étendue boisée que renferme le commune ; les produits des forêts s’exportent sous forme de charbon, bois de charpentes, étais de mine, traverses de chemin de fer etc … Les grains y figurent pour une fraction de faible importance. Les produits des laiteries et des basses-cours, les fruits alimentent les marchés qui se tiennent à Guérigny le vendredi de chaque semaine. Le commerce d’importation consiste en articles de vêtement et de consommation ; son importance est en raison du nombre et de l’aisance de la population.

On trouve en la commune un boulanger, trois bouchers, deux commerçants, quatre épiciers, quatre aubergistes, un marchand de bois en gros, deux maréchaux, deux charrons, deux entrepreneurs de maçonnerie, un menuisier vitrier, trois sabotiers, un cordonnier, un armurier
etc …

Le commerce est facile depuis 1878 par l’ouverture d’une voie ferrée dont la gare la plus proche est de 4 km de Saint-Aubin.

La commune est desservie par le bureau de poste de Beaumont ; un facteur spécial est chargé de la distribution des dépêches qui lui sont apportées par un facteur rural résidant à Beaumont. Ce dédoublement de service à l’avantage d’éviter dans les correspondance des retards souvent fort préjudiciables ; cependant quoique avantageuse, cette modification serait susceptible de revoir pour la prompte exécution du service d’utiles améliorations.

 

GEOGRAPHIE HISTORIQUE

Le pays où sont bâtis aujourd’hui le bourg et les hameaux de Saint-Aubin, était il y a moins de mille ans couvert par la forêt que des défrichements graduels ont peu à peu refoulée des deux bords de la Nièvre ; la végétation spontanée, les accidents du terrain, les broussailles qui subsistent encore çà et là au milieu des champs le prouvent surabondamment.

Au XIè siècle seulement, comme on le verra plus loin, il est fait mention de Frasnay-les-Chanoines, résidence des seigneurs auxquels obéissait tout le pays.

 

Bien que ces seigneurs aient été à diverses reprises des personnages importants, la terre de Frasnay n’a jamais été le théâtre d’aucun évènement historique important. C’était du reste une terre ecclésiastique que les chevaliers d’aventure ou les troupes régulières se fussent fait scrupule d’inquiéter.

Frasnay qui formait la 8è baronnie, relevant du Duché de Nevers, perdit son rang de chef-lieu, lorsque la suppression en 1766 de la collégiale de chanoines qui lui a valu son nom, mit fin à la célébration du service religieux dans son église.

En 1793, sous le règne de la terreur, lorsque sur les autels la déesse Raison remplaça les emblèmes religieux et qu’au culte de Dieu fut substitué celui de la Patrie, Saint-Aubin changea de nom et prit celui de Val Chevalier. Deux ans plus tard après la chute de Robespierre, son vrai nom lui fut rendu mais transformé de Saint-Aubin-sous-Frasnay-les-Chanoines il devint Saint-Aubin-les-Forges.

 

HAMEAUX ET LIEUX REMARQUABLES  

 

La Balangerie :

 A 5 km ouest A 1 km de Saint-Aubin ; 2 maisons, 10 habitants. Le nom de ce hameau peut venir des premiers possesseurs du sol sur lequel il est bâti ; on trouve encore dans la commune une famille du nom Balanger. La faible distance qui sépare la Balangerie du hameau de Frasnay, fait souvent réunir les deux groupes en un seul.

Le Bocard :

 A 0,5 km de Saint-Aubin ; 2 maisons, 10 habitants. Ce moulin situé sur la Nièvre, doit son nom à un ancien bocard qui a dû être autrefois établi. Cette conjoncture se fonde sur un amas de laitier provenant d’une ancienne forge qui occupait autrefois l’emplacement du moulin actuel. 

Les Brulées :

 

A 5 km ouest de Saint-Aubin ; 8 maisons, 29 habitants. L’étymologie du nom de ce hameau vient du bas latin Brolium (petit bois près de la maison) ou d’un incendie qui aurait produit dans la forêt des Bertranges la trouée dans laquelle il a été construit. Une maison isolée, souvent comprise dans le groupe des Brulées, porte le nom spécial de Crotte-au-Loup. Nombreux arbres fruitiers. 

 

Chamilly :

 

A 2 km du sud de Saint-Aubin ; 15 maisons, 57 habitants. En 1855 ce hameau portait le nom de Chamilly, il dépendait de la Seigneurie de Frasnay et possédait une forge à bras que les seigneurs louaient annuellement à un marteleur. Les maisons voisines du moulin servaient de résidence aux forgerons. Près de là sur le territoire de la commune de Poiseux, belle carrière de pierre à bâtir. Le Domaine du Colombier situé à l’extrémité sud du hameau, dépendait aussi de Frasnay : la maison de ferme remonte au XVe siècle.

 

Le Crot :

 

A 0,2 km nord-ouest de Saint Aubin ; 8 maisons, 36 habitants. Ce hameau doit son nom à une pièce d'eau (crot dans le patois local) autour de laquelle il est construit. On y voyait il y a quelques années une briqueterie renommée par ses produits d'argile réfractaire ; elle est aujourd'hui abandonnée.

 

Le Crot Maugrat :

 

A 0,1 km sud-ouest de Saint-Aubin ; 2 maisons, 10 habitants. Ferme et briqueterie aujourd’hui détruite. Près de là infiltration d’une rigole d’écoulement venant de la Forêt des Bertranges.

 

Les Crémelles :

 

A 0,8 km de Saint-Aubin ; 4 maisons, 16 habitants. Localité prenant le nom du terrain sur lequel elle a été construite. Le chemin qui la dessert était autrefois celui de Saint-Aubin à Poiseux, et les voyageurs qui le suivaient devaient franchir la Nièvre à gué en dessous du Bocard. 

Les Comtes : 

A 4 km nord est de Saint-Aubin ; 20 maisons, 76 habitants. Ce hameau est situé à la limite des communes de Saint-Aubin, Beaumont, Poiseux et chacune y compte des habitants. Pays pauvre, habité par des familles de bucherons qui préfèrent volontiers leur travail de la forêt à la culture du sol ; aussi est-ce là, la partie de la commune où l’agriculture est la plus négligée. Nombreux arbres fruitiers plantés, des terrains fertiles auprès des habitations et rappelant les Ouches du Morvand. La Mirandole et les Comtes ne forment aujourd’hui qu’une seule agglomération.

 

La Doué :

 

A 2,5 km nord-ouest de Saint-Aubin ; 8 maisons, 27 habitants. L’orthographe du nom de ce hameau a subi de nombreuses transformations et on a écrit successivement : La Doué (1651), La Douhée (1679), La Douhé (1658), La Dhouée (1680), La Doué (1780). La Doué était un fief de Frasnay. C’est la plus ancienne et ce fut jadis la plus importante forge du pays. Après avoir fabriqué des armes et porté le nom d’arsenal, elle fut ensuite convertie en scierie. Elle appartenait alors aux Bourgoing qui déployèrent dans la direction de leurs ateliers des talents et une compétence qui valurent à l’établissement sa plus brillante époque de prospérité. Depuis lors elle a partagé les destinées du Manoir dont elle dépendait ; vendue à  l’Etat en même temps que lui, elle changea plusieurs fois de maîtres et son établissement métallurgique déclina jusqu’à sa disparition. Aujourd’hui les bâtiments de la Forge-Neuve tombent en ruines ; le vieux château est seul habité et a conservé son aspect d’autrefois. C’est un vieux bâtiment bas situé au bord du ruisseau, dont l’eau arrêtée par une digue forme un petit étang caché par une abondante végétation aquatique. Les autres réservoirs bien plus importants, qui alimentaient autrefois les forges sont maintenant à sec. En amont, à la source même du ruisseau, on voit près d’un moulin, les derniers vestiges de construction remontant à une haute antiquité et en aval sur le penchant d’un coteau exposé au midi les bâtiments abandonnés du Bois-Henri, jadis terre importante dont le propriétaire prenait le nom du Seigneur.

 

Les Essarts :

 

A 5 km sud ouest de Saint-Aubin ; 1 maison, 5 habitants. Maison de garde construite dans un défrichement ou essartis (patois local), d’où vient son nom.

 

Frasnay :

 

A 1,4 km sud-ouest de Saint-Aubin ; 29 maisons, 108 habitants. Fraxiniacum (1059), Fraxinetum (1185), Frasnayus (1287), Frasnay-les-Chanoines (1403), Frasnoy (1456), Cura de Frasnayo Canonicorum (1517), Frasnay-les-Chanoines doit son surnom religieux à la fondation au XIe siècle d’une collégiale composée de douze chanoines et d’un doyen. Le château situé sur le penchant d’un coteau qui domine la plaine où serpente la Nièvre offre encore une tourelle faisant partie d’un fort donjon du XIIIe siècle et une aile du commencement de la Renaissance. Suivant une charte de 1231 donné par Matilde de Courtenay comtesse de Nevers, le castel de Frasnay et les terres qui en dépendent porte le nom de troisième Baronnie de Nivernais et son possesseur avait le droit de haute justice. Ithier en était alors le Seigneur et suivant la coutume du Moyen-Age, les serfs étaient alors taillables et corvéables à merci. Le Seigneur est « mestre » de tout le ressort, sur veste et col, vent et prairie ; tout est à lui : forêts, chaumes, oiseau dans l’air, poisson dans l’eau, bête ou buisson, cloche qui roule, onde qui coule (Cl. Corbier, Notice sur Guérigny). Le Seigneur Ithier avait pour vassal le sire d’Ourouër, suzerain lui même à celui de Villemenant. A titre de redevance au comte de Nevers , il payait annuellement aux Chanoines de Frasnay en rentes foncières 30 livres et au curé 10 quarteaux, moitié froment, moitié seigle, plus un tiers des dîmes de la paroisse, moyennant quoi des prières étaient dites chaque dimanche et jour de fête à la fin de l’office pour sa prospérité et celle du manoir. Les successeurs du baron Ithier sont peu connus. Au XIVe siècle, le fief de Frasnay appartient à Philibert de la Platière d’une des familles les plus puissantes du Nivernais. Celui-ci cède à un marteleur en 1437 par bail à perpétuité moyennant une redevance annuelle de 128 livres tournées « plus une géline grasse et puissante. La forge à fer de Chamilly avec celles de Forgebas et de Vingeux qui existaient dans la Baronnie, occupait la majeure partie de la population. En travaillant constamment dans les bois et les usines, celle-ci avait pris un caractère passionné, querelleur et indépendant dont les Seigneurs n’eurent pas toujours facilement raison. Après avoir usé de douceur et accordé à titre de concession la libre jouissance d’un moulin banal et la pêche dans la Nièvre, ils furent obligés de recourir à une autre voie. En 1696, le cardinal de Montigny, de la famille de La Grange poursuit judiciairement les habitants et les forces à rabattre de leurs prétentions. Après lui, le château passe à sa nièce, Marie-Casimire de la Grange d’Arquian qui épousa en seconde noce le grand Sobiesky, roi de Pologne. Les héritiers de cette femme illustre vendirent la terre en 1729 à François de Simiane, abbé de Marcillac, maître de l’oratoire du Régent ; mais l’abbé ne jouit pas longtemps du titre de baron et en 1723 la propriété de Frasnay fut cédée par son frère à Claude Berger grenetier du grenier à sel de La Charité-sur-Loire. C’est ce dernier qui dans l’espoir de découvrir un trésor fit démolir l’une des tours du château ; trompé dans son attente il porta d’un autre côté ses investigations aux forges que possédait la terre de Frasnay, il adjoignit l’aciérie de La Doué achetée à Antoine Bourgoing, et pendant 18 ans déploya toutes les qualités d’un bon maître de forges. En 1741 il cède pour deux cent mille livres ses manufactures et ses domaines à Masson, gendre de Pierre Babaud de la Chaussade, déjà propriétaire de Villemenant et de Guérigny.

A partir de cette époque la terre de Frasnay partagea les destinées de celle de Guérigny, achetée par l’Etat en 1781 avec toutes ses dépendances pour la somme de 1.043.922 francs. Elle a été morcelée et revendue à divers particuliers en 1845.

L’ancienne collégiale dont les revenus avaient été fort diminués par les évêques a été supprimée en 1766 et la paroisse réunie à celle de Saint-Aubin. Cette collégiale a donné un Saint au martyrologue : c’est le diacre de Saint-Maurice. L’église de Frasnay détruite durant la Guerre de Cent Ans par les Anglais fut aussitôt reconstruite en partie, mais ne fut achevée qu’au siècle suivant. La dédicace en fut faite le 26 juillet 1314 par Imbert de la Platrière qui y consacra trois autels. Il n’en reste plus aujourd’hui de vestiges et l’on ignore aujourd’hui quelle place exacte elle occupait. 

Près du château subsistent encore l’ancienne demeure du charpentier et l’ancienne maison féodale de Montigny.

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